23 juillet 2026
Face à l’ampleur de la crise agricole que nous traversons, de nombreux débats ont eu lieu ces derniers mois à l’Assemblée nationale sur les moyens à mobiliser pour y faire face.
Ceux autour de la loi Duplomb puis de la loi d’urgence agricole ont ainsi mis en lumière les défis auxquels notre agriculture est confrontée. Si l’objectif de renforcer notre souveraineté alimentaire est indispensable, il ne saurait être atteint au détriment de la de la confiance des Français dans leur alimentation et de la protection de l’environnement.
Je me rends régulièrement dans des exploitations agricoles. Pour avoir été aux côtés de nos agriculteurs sur les ronds-points en janvier 2024 et porté à l’Assemblée nationale une proposition de loi pour mieux protéger nos terres agricoles de l’artificialisation, je mesure l’ampleur des difficultés auxquelles ils sont confrontés (concurrence déloyale, aléas climatiques, valorisation et transmission de leur exploitation, niveau de contrôle…).
Regardons la réalité en face ! En étant les seuls à interdire l’usage de certaines substances en Europe, nous fragilisons nos exploitations (-9% de production agricole française en 2025) et on ne retrouve pour autant pas moins ces produits dans nos assiettes. C’est même malheureusement l’inverse car cela nous contraint à encore davantage d’importations de denrées alimentaires cultivées grâce à ce produit que nous avons interdit. Cela veut dire une chose très simple : ce que nous interdisons ici, nous le consommons quand même et le trouvons encore davantage sur nos étals.
Oui cette situation doit être dénoncée ! Mais pas au détriment de la santé publique et du pacte qui devrait collectivement nous unir pour apporter des solutions viables et durables à notre agriculture.
Alors, lorsque des propositions de loi viennent le fragiliser, il devient impossible d’y apporter son soutien. C’est pourquoi, si je partageais son objectif initial d’apporter des réponses concrètes aux attentes légitimes exprimées par nos agriculteurs (malgré des dispositions contestables notamment en matière de gestion de l’eau), j’ai en responsabilité voté contre la version finale de la loi d’urgence agricole.
Notre agriculture est exemplaire et la confiance des Français à son égard est essentielle.
C’est pourquoi je continuerai à défendre l’idée d’une agriculture viable, justement rémunératrice et capable de répondre aux attentes des Français en matière de qualité alimentaire et de protection de l’environnement. Cela pour que nous retrouvions l’ambition d’apporter des réponses durables, juridiquement solides et économiquement efficaces à nos agriculteurs.
Seule une législation européenne ambitieuse et harmonisée le permettra. Aussi, avec plusieurs Députés de différentes sensibilités, nous avons pu appeler à plusieurs reprises nos instances européennes à agir au plus vite pour que les règles soient les mêmes partout et que nous puissions enfin offrir de réelles perspectives d’avenir à notre agriculture.