25 février 2026

La question de la fin de vie traverse notre société avec une intensité croissante.

 

Elle touche à l’intime, à la souffrance, à la liberté individuelle, mais aussi à nos principes collectifs.

Depuis plusieurs années, le législateur a affirmé deux exigences fondamentales : le respect de la dignité humaine et la prise en compte de la volonté du patient.

C’est pourquoi l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture deux textes complémentaires : l’un consacré au renforcement des soins palliatifs, l’autre relatif à l’aide à mourir.

Ce choix d’examiner ces deux volets ensemble n’est pas anodin : il traduit la volonté de construire un équilibre.

 

Le développement des soins palliatifs constitue le socle indispensable. Aujourd’hui, seuls 50 % des besoins sont couverts en France, ce qui place notre pays au quinzième rang des États de l’OCDE en matière d’offre spécialisée.

Ce retard entretient de fortes inégalités territoriales : si certains territoires sont aujourd’hui bien dotés, comme en Deux-Sèvres, d’autres ne disposent pas d’une offre équivalente, laissant encore trop de familles sans solution adaptée dans des moments d’une extrême vulnérabilité.

 

La Convention citoyenne sur la fin de vie, dans son rapport du 2 avril 2024, avait d’ailleurs insisté sur la nécessité d’un développement massif et structuré de ces soins. Le texte adopté aujourd’hui répond à cette exigence en renforçant l’offre sur l’ensemble du territoire.

J’y suis pleinement favorable.

 

Pour autant, certaines situations demeurent sans réponse. Des patients atteints de pathologies graves et incurables sont en effet confrontés à des souffrances physiques ou psychiques qui sont réfractaires aux traitements et que la médecine ne parvient plus à soulager. Face à ces situations exceptionnelles, un cadre légal clair et protecteur était attendu.

 

Le second texte ouvre ainsi, de manière rigoureusement encadrée, la possibilité d’une aide à mourir pour ces personnes dans la mesure où elles sont en mesure d’exprimer un consentement libre, éclairé et réitéré, tout en respectant un délai de réflexion et moyennant une décision collégiale médicale.

Il ne s’agit pas ici d’instituer l’euthanasie ou le suicide assisté, mais bien d’apporter une réponse exceptionnelle à des situations exceptionnelles de détresse extrême.

Je suis favorable à cette version équilibrée, qui permet d’accompagner ces personnes dans leur volonté, tout en respectant les convictions de chacun, notamment grâce à la clause de conscience reconnue aux médecins.

 

Oui au renforcement massif des soins palliatifs.

Oui à une aide à mourir strictement encadrée.

Non à toute dérive.

 

Parce que sur un sujet aussi grave, notre responsabilité collective est de conjuguer humanité, prudence et respect, j’ai voté favorablement pour ces deux textes dont l’entrée en vigueur est très majoritairement attendue.

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